Filles de la Déesse

Je fais souvent le rêve que nous sommes unies, chères Soeurs.

Véritablement.

C’est à dire unies dans une vérité, viscérale, celle du féminin sacré. Non, pas dans sa dimension New Age mais dans sa Vérité, sa pleine Vérité, qui tisse un lien entre nous toutes. Le fil de la Déesse qui nous maintient comme des perles au cou de l’Univers. Ce sacré qui parle à la femme sage, murmure à l’oreille de celle qui s’éveille, dort au sein de l’ignorante.

Que la Lune Pleine éclaire, qu’elle croisse, décroisse ou se voile d’ombre, toujours elle demeure au coeur de notre galaxie. Toujours en nous, chères Soeurs, la Déesse est présence et nous relie.

Pourquoi alors, dans le milieu ésotérico-païen dans lequel nous sommes, faut-il encore entendre siffler la vipère ?

Le tambour résonne, pourtant… Chacune y va de sa vibration et chante en ce reliant au monde…

Mais combien d’entre nous célébrons la Déesse sans se célébrer soi-même ? Combien le font tout en faisant s’écouler leur fiel sur le dos d’une Soeur ?

L’égocentrisme est un danger réel dans notre communauté.

Nous devons nous unir, nous soutenir, accepter nos différences, pardonner nos ignorances et la Soeur qui nous a blessé, aimer celle que l’on abhorre pour nul autre raison que la peur ou l’inconnu qu’elle provoque en nous. Peut-être le temps n’est-il pas encore venu de l’apprécier… passons simplement notre chemin et plaçons une bénédiction.

Pourquoi donc célébrer la Déesse quand on tri les femmes sur le volet ? L’une digne d’être dans notre cercle et l’autre non ? N’y a t-il pas là une forme d’hypocrisie lorsque l’on propage ensuite pensées et paroles que l’on assure être « sages » ?

Le jeune mot « Soeurcière » a déjà tant souffert de la trahison… Il était beau, pourtant. Plein de cette promesse d’une nouvelle ère d’amour sinon de cordiale entente entre nous, filles de la Déesse. Combien aujourd’hui n’y croit plus parce qu’aujourd’hui tu me conviens et demain non ? Parce qu’aujourd’hui je vois en toi ma Soeur et que demain tu seras pour moi une étrangère pour x ou y raison.

Tant de mal a déjà été fait aux femmes… pourquoi faire perdurer ces maux de trahison et de bûcher entre nous ?

Pesons nos mots. Certains sont si lourds qu’ils cognent plus fort que le poing.

Nous sommes dignes de la Déesse car chacune est la Déesse.

Mais dans cette conscience, il nous faut pardonner l’ignorance de nos Soeurs, leurs opinions divergentes, leurs croyances personnelles. Ne pas avoir peur de prendre exemple sur une autre femme, de se dépouiller de son ego, d’accepter que nous sommes toutes gardienne d’un Savoir. Aucune d’entre nous ne sait tout. Aucune n’est plus sage ou plus ignorante. Nous sommes toutes des enfants ayant en nous la possibilité de faire appelle à la Vierge, la Mère ou l’Aïeule.

Ce texte n’est pas la vérité mais ma vérité. Ce sont des mots de l’âme, des échos de mes Ancêtres, une supplique de toutes les femmes qui se sont relayées des siècles durant pour que mon souffle puisse s’unir à ce monde par ma naissance.

La vie à cela de beau que nous sommes tous uniques et que nous évoluons chacun à notre rythme, selon nos croyances si toutefois on nous en laisse le choix. Acceptons-le.

Refusons de nourrir notre coeur de tout ce qui n’est pas évolutif pour nous. Ne perdons pas le temps précieux qui nous a été alloué à créer des étincelles pour déclencher des guerres intestines. Qui sera digne, qui ne le sera pas. Qui aura raison, qui aura tors. Nous aurons toutes tors, à un moment ou à un autre, pour l’une d’entre nous, au moins. Soyons humbles. Soyons de véritablement des Soeurs, unies dans nos différences par la Déesse.

Chères Perles, aimons-nous les unes les autres car nous sommes toutes la Déesse. C’est une insulte profonde à Celle que nous honorons de nourrir de l’inimitié. Son fil nous traversant, nous sommes toutes UNE. Nous sommes le joyau de l’Univers.

 

Source de l’image : Série « Luna Nera »

Laisser un commentaire